La Banque centrale européenne a bien travaillé pour la France.

Le 19-09-2011

Il y a aujourd’hui tout un tas de politiciens démagogues qui hurlent “haro sur l’euro”. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont tort. Aucun pays (en l’occurrence la zone euro, soit un groupe de pays comprenant près de 310 millions d’habitants) n’a fait mieux ces cinquante dernières années que le 1,97% de hausse moyenne des prix sur les douze premières années de l’euro. La création de la monnaie unique fut une décision populaire, car le référendum sur le traité de Maastricht fut approuvé par le peuple, qui a voté massivement. Le 20 septembre 1992, pas moins de 26.696.626 des 38.299.794 électeurs inscrits sont allés voter. Le “oui” l’a emporté avec 51,04% des suffrages exprimés contre 48,96%, ce qui donne une légitimité audit traité. Le mandat de la Banque centrale européenne était clair : la stabilité des prix, soit, en d’autres termes, la défense de la valeur de notre monnaie et du pouvoir d’achat des travailleurs comme des épargnants. Le boulot a été fait.

Les soucis d’aujourd’hui viennent du fait que les gouvernements n’ont pas résisté à la tentation d’une démagogie de plus en plus forte. La fameuse “règle des 3% de déficit maximum” n’est pas un diktat venu d’Allemagne, mais fut décidée en 1982-1983 sous François Mitterrand, par le gouvernement dirigé par le PS Pierre Mauroy, avec Jacques Delors ministre de l’Economie, avec le soutien de l’opposition RPR-UDF de l’époque. En 2004, quand la France et l’Allemagne ont décidé “d’assouplir” les règles du pacte de stabilité européen, la Banque centrale européenne a tapé du poing sur la table en faisant part de ses “graves préoccupations”. Le mot, très fort, est exactement le même que celui utilisé par le pape Pie XI lors de l’encyclique dénonçant le nazisme et les totalitarismes des années trente. On m’a souvent reproché (certains lecteurs font l’autruche) l’assimilation que j’effectue avec régularité entre les banksters et les hordes nazies. La victoire du bankstérisme contre l’euro aura des conséquences similaires pour nos pays perclus de dettes. De même qu’Hitler s’en est pris successivement à la Rhénanie (remilitarisée en 1936), à l’Autriche (mars 1938), aux Sudètes (octobre 1938), à la Tchéquie (mars 1939) puis à la Pologne (septembre 1939), les banksters commencent par la Grèce. 

Nicolas Miguet
Président du Rassemblement des Contribuables Français