Pour 2012, il va falloir un minimum de “carburant”

Le 22-04-2011

Aux Etats-Unis, refusant tout financement public, Barack Obama a dépensé 605 millions de $ pour conquérir la Maison Blanche (soit moins de 2 dollars par habitant). L’argent est venu de donateurs privés, 100 à 500 dollars à la fois. Si Obama s’est lancé de manière précoce dans la campagne liée à sa réélection, c’est pour pouvoir collecter des fonds dès maintenant. On estime que, en dix-huit mois, il va récupérer environ 1 milliard de dollars (3 dollars par habitant) pour faire campagne, via meetings et spots télévisés. Les Français se mettent le doigt dans l’oeil jusqu’au coude lorsqu’ils croient que la démocratie n’a pas de coût. Au contraire. En 2007, le candidat Sarközy a dépensé 20.972.757 € pour faire campagne. Il a reçu 10,3 millions € de l’Etat, un peu plus de 3 millions de donateurs privés et le reste via l’UMP, parti très subventionné. François Bayrou a dépensé 9,72 millions... les donateurs et l’UDF n’ont eu à payer que 2 millions à peine. Jean-Marie Le Pen a pour habitude de faire entrer dans ses comptes de campagne toutes les dépenses “ordinaires” de son parti en ajoutant la mention “convention présidentielle” à un congrès et en posant “élection présidentielle” sur les affiches posées... Du coup, le tribun n’a eu à débourser qu’un million environ (couvert par les dons) sur les 9,32 millions de ses comptes de campagne.

Comme la plupart des prestations (location de sièges pour les réunions, impressions de brochures...) transitent par des entreprises de la famille, la marge est coquette et chaque élection présidentielle arrondit le magot “des Le Pen” du moment qu’il est au dessus de 5% des voix. On le voit, chez nous, les “professionnels de la politique” font campagne tout en nous faisant les poches, es-qualité de contribuable, volens-nolens. A moins de 5% des suffrages, l’Etat ne rembourse que 700.000 € environ sur les frais. Le système est simple : priorité aux grosses machines sortantes. “Pas touche à mon fonds de commerce !”. Est-il possible que ce monopole des sortants (qui ont mis collectivement le pays en faillite) soit brisé ? Bien sur que oui... Mais il faudra pour cela un engagement massif de la société civile pour préfinancer la campagne de celui qui deviendra leur candidat et pour financer l’impression des professions de foi et bulletins des législatives de juin 2012.

Nicolas Miguet
Président du Rassemblement des Contribuables Français