Article paru dans l'Est Républicain en page / 24 heures Aire Urbaine

Le 09-10-2011

Nicolas Miguet pense qu'il a ses chances. Le candidat à l'élection présidentielle a porté la bonne parole à ses militants hier à Montbéliard.

Il a bien potassé, Nicolas Miguet, avant de poser les pieds dans la cité des Princes. Parle-t-on d'économie (sa spécialité puisque le journaliste dirige, entre autres, l'hebdo Bourseplus) ? Il vante les innovations de Plastic Omnium, le savoir-faire de Faurecia, sa rencontre, du temps de Jean-Martin Folz, avec la dynastie Peugeot sur le site de Sochaux. Sa famille ? Ce père de cinq enfants, qui réside en Normandie, évoque alors sa grand-mère née à Rougemont-le-Château, sa mère qui a vu le jour à Champlitte, son milieu d'origine, modeste et travailleur. « Je suis un pur produit de la méritocratie républicaine », assène le tout juste quinquagénaire, diplômé de Sciences Po.

Nicolas Miguet, vous le connaissez. Ne serait-ce que parce que ses affiches électorales tapissent l'Aire urbaine. Pas en retard pour la présidentielle ! C'est que le défenseur des petits actionnaires (affaire Eurotunnel), qui dirige le RFC (rassemblement des contribuables français, 5.000 adhérents selon ses dires), tente la passe de trois. Cet « électron libre de la politique » (sic) s'est déjà présenté aux élections de 2002 et 2007.

Contre la droite du Fouquet's

Rectification : il a tenté. Car, sur aucune des deux échéances, il n'a réussi à rassembler le nombre de parrainages de maires nécessaires à un dépôt de candidature. Pour 2012, celui qui a déjà été condamné pour délits financiers et mis en examen pour détournement de parrainage, a bon espoir. Les 453 signatures obtenues en 2007 -- toujours selon lui -- l'y autorisent. Pour récolter de nouvelles approbations des premiers magistrats et surtout encourager ses militants auxquels il confie le soin de labourer le terrain, il vient d'entamer une tournée dans les 87 départements français.

Et après, s'il franchit le cap ? « Après, j'aurai le même temps de parole que les autres candidats » remarque Nicolas Miguet, qui se crédite, au mieux, de 3 % au premier tour.

Car le RDF, qui dénonce pêle-mêle le grand bankstérisme (accordons-lui crédit de le faire depuis des années) et la perte des valeurs du travail et de l'effort, veut défendre des idées. « Nous sommes les seuls à avoir un programme cohérent et concret » assène le candidat. Pour l'unité -- entre la suppression du CNRS (?) et la réduction de l'impôt sur le revenu à trois tranches -- on repassera.

Mais, effectivement, des propositions, il y en a. Trois axes (qui peinent quelque peu à émerger du discours) : l'indépendance énergétique de la France, le retour à l'équilibre des finances publiques (« Qui sauvera la France avec ses 1.800 milliards de déficit ? ») préalable au plein emploi et la mise en place d'une société humaniste, notamment en terme de santé.

S'il passe l'écueil des signatures puis du premier tour ? Nicolas Miguet, européen, euro compatible, le dit clairement, il est de centre-droit. De la à appeler à voter pour quelqu'un... Les autres candidats ne trouvent guère grâce pour l'heure à ses yeux. Ni « les énarques de la primaire », ni « la droite du Fouquet's et des mallettes », ni surtout et avant tout « Marine le Pen, qui nous mènerait à la ruine ».

Sophie DOUGNAC